Épisode IV: De l’Un au Nombre….


David la sentait maintenant, la force était là, quelque part, une puissance, oui !

Il la sentait comme on peut sentir une présence sans corps. N’être qu’une pensée lui avait pris du temps, du temps pour faire le deuil de ses anciennes sensations, de ses sens et de son corps…

 

 

 

Épisode IV: De l’Un au Nombre….

L’homme cet animal social vécu ainsi d’abord pour se protéger des autres espèces, puis par facilité, le partage des tâches aidant en cela… Il fallut un chef à ce groupe, d’abord de nature matriarcale puis patriarcale … Le groupe s’étoffa, pris de l’ampleur, devint société … Des pouvoirs dits démocratiques (de d?µ?? dêmos, « peuple » et ???t?? krátos, « pouvoir », « souveraineté ») se créèrent dans une complication voulue, ainsi le peuple (communauté) se transforma en une multitude d’individus… Les libertés du groupe se délitérèrent pour des simulacres de celles-ci, au niveau de l’homme unité. Les débuts du Grand Désordre étaient en place…

Youssef Calendula « Populos tabula»

Archives cylindriques, période post-cyclique 18ème temps.

 







David la sentait maintenant, la force était là, quelque part, une puissance, oui !

Il la sentait comme on peut sentir une présence sans corps. N’être qu’une pensée lui avait pris du temps, du temps pour faire le deuil de ses anciennes sensations, de ses sens et de son corps.

Il manqua à plusieurs reprises de sombrer dans la folie, mais est-il possible d’être le fou de personne que de soi-même ?

Cela l’avait rassuré, mais de temps en temps le doute revenait…

Il essaya d’imaginer son enveloppe corporelle, ses anciennes douleurs, ses doigts, pfff son sexe lui-même n’était plus… Il se concentra sur ce vide l’entourant et repensa à ses vieux manuels holographiques et sur un en particulier, « la conscience de soi », une approche philosophique. Hihi, il rit : comment peut-on prétendre savoir tant qu’on ne vit pas cela ? Qui a bien pu vivre cela??

Il se rappela de Norman. Il était quelque part dans ce néant, il lança un appel (pensée) : NORMAN KAY ???

NORMAN ????

Deux fois encore, puis il ria, sa pensée ria, puis il pleura, encore une fois des pleurs sans larmes, des pleurs intérieurs. Bah déjà il n’aura plus besoin de se moucher, il ria alors et de dégoût repleura….

Difficile de se contenir, sa pensée essayait de vivre des sentiments impossibles sans corps, sans cette peau, sans ses mains qui traduisaient à leur manière aussi ses ressentis. Ses peurs elles-aussi étaient devenues ridicules. Peur de quoi !!?? Peur du rien l’entourant ? Peur de lui ? Peur pour son intégrité ?

Rien n’était possible sans corps… Il retenta un appel, une pensée?

Norman ????                                       NORMAN !!!!

Il était seul…

Pffff, il soupira, comme peut soupirer une pensée, en se refermant sur elle-même. Seul de rien, il était rien, rien est décidément plus juste que seul. Il cria en pensant très fort :

JE NE SUIS RIENNNNNNNNNNNNNNNNN!!!!!!

Rien que rien, rien que ça, une pensée posée comme un temps donné, un souffle musical, un moment suspendu, rien…

                     JE NE SUIS RIENNNNNNNNNNNNNNNNN !!!!!!

 

Le Néant

Il avait envie de s’oublier, de dormir, mais un esprit ne dort jamais, seul le corps a besoin de sommeil, de s’auto-réparer. La pensée elle, chemine dans d’autres sphères, avec d’autres ……. OUI !!!!!!! C’est ça !! Un rêve sans corps, il dort, seuls les rêves peuvent procurer des non-sensations pareilles… Il savait qu’il pensait mal, mais que tout était là pour être compris, il ne pouvait dormir mais… La compréhension s’immisçait maintenant en son esprit, il en sentait la chaleur.  Il crut percevoir le début d’une lucidité, puis de nouveau l’obscurité. Il repleura, se plaignit par tous les vides le contenant…. Et il se reprit…

  • Bon je dors, je suis ailleurs et je vais me réveiller… Mon esprit se cherche et va réintégrer mon corps… Voilà, pensa-t-il maintenant plus sûr de lui.

  • NORMAN!!! pencria-t-il

  • Norman KAY!!! repencria-t-il

  • Il n’est plus…….

« La voix, merci elle est de nouveau là » pensa David, puis il réagit.

  • Plus là ??

  • Non il s’est dissous dans le …. Mais nous n’en sommes pas là. Vous nous intriguez d’être encore parmi nous, lui pourtant se disait près à vivre le pas sage mais n’a pas supporté l’isolement, son esprit s’est éteint ici. La voix prit une pause. Ne doutez pas de vous ! L’obscurité est le début de toute chose, ainsi naissent les graines de toutes vies, à l’ombre de toutes lumières. Il faut croire en soi, pour croître ….

  • Mais !!! Je vais devenir fou !!!!!, pencria David en coupant la voix, ne me laissez pas ici !!!

  • Ne soyez pas idiot ! Vous savez cela déjà impossible. Laissez-vous guider par votre nord physique, votre nadir, ironisa la voix en gloussant. Rappelez vous, rien de cette panique n’est nécessaire à votre compréhension, il se peut que …. Mais laissons cela, allez chercher en vous l’origine de toutes choses, vous le pouvez cela est facile. Nous sommes là pour vous entendre et vous guider le cas échéant. Vous avez déjà pris de l’assurance, les lamentations sont encore de trop, des malheurs plus importants dans votre ancienne vie vous bloquent encore, les malheurs de cette connaissance erronée dont tout humain se targue… Réapprendre donc….

  • Mais ??

  • Pas de mais, juste une continuité dont vous faites partie. Bientôt tout cela sera évident, bientôt vous comprendrez mieux la puissance d’être, la puissance de cet environnement qui est nôtre, si proche vous en êtes que nous ne pouvons qu’attendre. Bientôt vous nous rejoindrez sans efforts, cela est dit ….

  • Je ne comprends pas, ne me laissez pas, je vous en prie ! David se remit à pengloter. Ne me laissez pas !!!

  • Soyez digne de nos choix maintenant !! s’impatienta la voix, cela est dit aussi !!

  • Mais ?

  • Pas de mais, juste un avenir favorisé. Vous ne savez pas encore la portée de cette puissance qui est nôtre, cela aussi doit être entendu… Ecoutez vous entendrez, le vide a une voix aussi, une voix plurielle.

Cela est dit…

 

 

A suivre………..ICI
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